Dimanche 3 mai 2009
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15:30
Cela me fait rire presque autant que Futurama de voir la populace dans ma classe.
Si l'on ôte tous ceux qui sont partis, pour cause de faiblesse intellectuelle intense ou de paresse paralysante, il ne reste, ma foi, pas grand chose. Peu de représentants du sexe masculin, et
beaucoup de filles. Et personne avec qui je me sens quelque affinité.
Le specimen le plus intéressant est sans doute Fiona (les noms ont été changés, pour préserver les innocents, en l'occurrence elle). Physiquement, Fiona, on dirait une créature de Tim
Burton, si vous voyez le genre : cheveux bouclés roux, yeux globuleux, allure décalée, vêtements digne de Jack Skullington. C'est en voyant Fiona que l'on se dit que les anciens littéraires (sauf
moi, bien entendu) sont sérieusement névrosés. Une fois, une fille de la classe pleurait toutes les larmes de son petit corps car elle avait perdu son grand-père. Fiona est arrivée, l'a regardée
d'un air très concentré et a demandé si ça lui faisait de la peine. La fille lui a lancé un regard noir à travers ses larmes et a répondu que "non, non pas du tout, ça me remplit tellement de joie
que je m'en vais danser autour de son cercueil". En fait, elle n'a pas du tout dit ça, c'est un ajout de ma part. Elle a juste répondu "oui". Alors, Fiona lui a mit la main sur l'épaule et lui a
dit " ne t'inquiètes pas, il n'existe plus maintenant, c'est juste un corps, son âme est partie". Oui, je sais. Elle est spéciale. Et c'est un euphémisme.
A part Fiona, qui a quand même quelques neurones et de bonnes notes dans l'ensemble, il y a Christine qui vaut le détour. Christine, c'est une fille (déjà), renfermée sur elle même, pas très jolie,
et avec un caractère renfrogné. Dès que je l'entend parler, c'est pour râler, sur les profs, sur les élèves, et souvent sur les deux à la fois . Christine aurait aussi bien pu vivre au couvent
jusqu'à la fac, parce que il y a encore peu, elle ne connaissait rien de la vie, la vraie. Elle était vierge (et l'est toujours, probablement), n'était jamais allée à une fête (tout juste un goûter
d'anniversaire dans les années 90), n'avais jamais rien fait d'insensé ou de drôle. On s'ennuyait rien qu'à la regarder.
Là, où ça devient drôle, c'est que Christine s'imagine être "cool". Elle a passé récemment ce qu'elle considère comme le "baptême du feu" : elle est allée en boîte. On l'y a traîné de force, avec
les gens de la classe, même si on n'a pas grand chose en commun. On en a longtemps entendu parler, croyez-moi. C'est beau, c'est lumineux, c'est génial. Elle n'en tarit pas. On sent la fille qui se
sent "grande". ça me fait rire parce que ça fait bien quatre ans que je vais en boîte et que franchement, je ne vois pas pourquoi en faire tout un plat.
Il y a aussi Daphné. Daphné est drôle, mais à ses dépends. Elle n'est pas belle, au contraire, elle est même très ronde, mais s'imagine être "trop une belle-gosse", elle porte des vêtements très
serrés et très courts, ça ballotte de partout, c'est répugnant. Elle se maquille trop, ça lui fait comme une seconde peau, voyez-vous. On appuis sur sa joue, et on s'enfonce dans le fond de teint.
Et donc Daphné se croit magnifique : elle se vante que la moitié des mecs de son lycée lui sont passés dessus. Bon. Soit. Ils devaient être vraiment bourrés alors. Bref, on lui pardonnerait presque
si ce n'était pas la reine des hypocrites (je suis pas mal dans mon genre, je l'admet). Et elle veut que je lui accorde mes faveurs. Non, mais où va le monde?
Bref, la fac c'est quelque chose, niveau faune. Quand y'a cours, on rigole bien.